HISTORIQUE, ETAPES DE CONSTRUCTION DE ST PIERRE DE MONTFORT

 

Du Roman au gothique

La construction de l’église Saint Pierre débuta sous Amaury Ier vers le milieu du XI ème siècle, mais en 1491, lorsqu’Anne de Bretagne, comtesse de Montfort, devint reine de France, une de ses premières pensées fut de remplacer l’église, par un édifice d’une architecture plus moderne, et d’une meilleure distribution.
L’architecte laissa subsister provisoirement la tour centrale du clocher roman et traça le plan d’un édifice à trois nefs sans transept ni chapelle latérale, terminé par un rond point. Le chœur mesurant 29 mètres de long sur 21 de large. Cette nouvelle construction formait cinq travées et le rond point en comprenait 6 moins larges ornées de clefs pendantes et de verrières.
En 1498, la mort de Charles VIII dut ralentir les travaux, qui furent complétement suspendus à la mort d’Anne de Bretagne en 1514. L’implication de sa fille la reine Claude, qui fut comtesse de Montfort après elle, est inconnue.

 


 

La Renaissance

André de Foix, comte de Montfort de 1532 à 1547 reprit les travaux avec ardeur : il acheva non seulement la construction du chœur, y joignit dans une nouvelle travée l’élégante porte du midi.
La mode de l’architecture à cette époque avait changé : la renaissance avait succédé au gothique depuis Louis XII et François Ier. L’église de Montfort en offre un exemple singulier : Les contreforts commencés selon la méthode gothique furent continués au-dessus des bas côtés par des piliers rectangulaires à cannelures dont les chapiteaux sont surmontés de vases de formes variés et dont les côtés offrent des sculptures qui rappellent les ornements du château de Chambord.

André de Foix, pour toutes les générosités qu’il avait faites pour la construction et la dotation de l’église, se crut autorisé, à l’exemple de quelques autres fondateurs, à mettre son portrait et celui de sa femme, Catherine du Bouchet, au-dessus des ouvertures de la porte méridionale.

A la suite de cette porte, on prolongea le côté méridional du chœur, le long du clocher roman, et de la nef sur une longueur de 5 travées. Ayant fermé les arcades par une clôture provisoire, on construisit 5 piliers sur le nouvel alignement, ainsi que le mur extérieur à l’alignement de celui du chœur. Sur ces piliers on établit des voutes à pendentifs, à peu près comme les précédentes et les fenêtres furent garnies de vitraux dont certains sont datés.


 

 

 

Des comptes de l’église de 1583 et 1584 montrent que le chœur de l’église est terminé et surmonté d’une charpente couverte d’ardoises.
La tour romane ne pouvant disparaître, il fallut continuer la nef de trois travées, en bâtissant au nord trois piliers correspondants à ceux du sud.
Dans les années suivantes, on dut construire sur la nef, la voûte provisoire en bois détruite en 1580, et la surmonter d’une charpente couverte de tuiles.

Du XVIIème au milieu du XIXème siècle

Jusqu’en 1603, les travaux continuent du côté du portail que l’on voulait surmonter d’une tour, pour remplacer l’ancien clocher destiné à disparaître. La date de 1613, gravée sur le portail, marque l’avancement des travaux, qui furent interrompus par suite d’une brouille entre les marguilliers et l’architecte. Ils ne furent terminés que deux siècles plus tard !

La Révolution profana l’église, confisqua ses biens et dispersa le mobilier , mais ne démolit rien.
En 1805 et 1809, de l’argent fut dépensé pour l’aménagement de stalles et de boiseries et pour la fonte de 3 cloches, puis après cette date, l’église ne fut entretenue que d’une manière imparfaite. A l’intérieur l’aspect était déplorable : la masse informe du clocher roman coupait en deux la perspective du vaisseau en séparant le chœur et la nef.

 

 

De 1850 à nos jours

En 1848, un grand effort fut résolu : des souscriptions furent recueillies ce qui permit l’achévement de la tour de la facade, le transport de la flèche et des cloches de la vieille tour romane qui fut alors démolie, sauf la partie formant le mur nord de la nef. La nef fut élevée à la même hauteur que le chœur, et ajourée d’un rang supérieur de fenêtres, fut recouverte d’une voûte en platre sur nervures de charpente imitant et continuant les voûtes du chœur.
Ainsi l’église actuelle terminée en 1850 mesure 65 mètres de long sur une largeur qui varie de 20 à 21 mètres. La hauteur de la grande voute est de 17m40 et de la moitié pour les basses voûtes.